La joie ennemie
Kaouther Adimi
Résumé
En 1994, alors que l’Algérie s’enfonce dans la violence, ses parents choisissent de retourner s’y installer avec leurs enfants. Le lendemain de leur arrivée, la voiture familiale tombe sur un faux barrage tenu par le GIA, le Groupe islamique armé, premier événement d’une série de tragédies liées à la décennie noire.
Pourquoi ses parents ont-ils voulu rentrer alors que tous ceux qui le peuvent fuient le pays ? Comment se construire lorsque le passé hante et dévore vos nuits ?
L’autrice confronte ses souvenirs, tente de combler les silences, de faire émerger ce qui a été enfoui. Et explore ce que l’on transmet, ce que l’on tait et ce que l’on reconquiert.
Un texte puissant où l’art est un contrepoint lumineux à l’obscurantisme.
Notre avis
La joie ennemie, Kaouther Adimi, Ma nuit au musée Stock
Répondant à l’invitation de la fameuse collection Ma nuit au musée, Kaouther Adimi s’inscrit dans les pas de Baya, une jeune peintre prodige découverte presque par hasard dans le tourbillon artistique de l’Algérie de Camus. Mais c’est une autre nuit à laquelle elle nous convie aussi ; celle obsédante des sombres années entretenues par les groupes armés du GIA. Deux parcours se croisent, celui d’une jeune artiste aux dons exceptionnels dont la palette a fait jalouser Picasso et Matisse et une jeune fille promise à l’écriture qui s’attache aujourd’hui à revivre ces moments comme un peintre enduirait sa toile pour procéder au fond. Des sons lointains s’immiscent, les odeurs imprègnent, le temps marque une pause, se mêlent cris et rires.
Toutes les teintes en fête de Baya dansent dans le texte de Kaouther Adimi, elle les fait siennes comme cette Algérie dont on ne guérit jamais, selon Albert Camus.
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